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Posts Tagged ‘jeu vidéo’

Gaming invaders in your library

2 juillet 2008 6 commentaires

Il y a des signes qui ne trompent pas.

La New York Public Library équipe 18 bibliothèques de jeux vidéo en prêt (92 titres, 2 500 exemplaires) généreusement aidée par un don de $100.000. Ils ont même lancé le projet « Game On @ the library » dans le modeste Astor Hall.

L’initiative de la NYPL n’est pas la première, la bibliothèque d’Ann Arbor et d’autres ont déjà investi ce champ depuis quelques années, mais la renommée de l’institution donne une autre visibilité à l’introduction des jeux vidéo dans les bibliothèques.

La conférence annuelle de l’ALA a également proposé son lot d’interventions sur le sujet ainsi qu’une Open Gaming Night (si c’est pas un challenge pour l’équipe des Hybrides en vue du prochain congrés ABF, je ne m’y connais pas).

[MAJ du 09/07/08 : apparemment cette subvention soulève une polémique.]

La fondation Verizon (mécénat de la société Verizon, FAI américain) a offert à l’ALA une bourse d’1 million de dollars pour mesurer l’impact du jeu sur l’apprentissage et développer un modèle du jeu en bibliothèque transposable au niveau national. Parmi les « experts » sollicités pour ce projet, on retrouve la Ann Arbor District Library, la NYPL et la University of Illinois at Urbana-Champaign qui, si je me rappelle bien, dispose du meilleur MLIS (Master of Library and Information Sciences) du pays.

Et chez nous ? La médiathèque de Montpellier Agglo propose des consoles depuis mars (pour le moment pas/peu de retours, si quelqu’un en sait plus, laissez un commentaire).

[MAJ du 03/07/08] Et Laurent prépare a publié un nouveau billet et ça c’est très bien 🙂

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Etape lyonnaise pour le Shanachie Tour 2008

12 mai 2008 3 commentaires

[Post mis à jour le 12/05 à 21h25, merci Marlène]

Vu sur Vagabondages, le Shanachie Tour 2008 a posé ses valises à Lyon pour sa première étape européenne.

Au-delà de la vidéo, ce qui m’intéresse est plutôt hors-champ.

Au programme, présentation du précédent road-trip et discussion avec les élèves-conservateurs de l’ENSSIB.

Je me demande si les élèves-bibliothécaires étaient présents ? Et si non, pourquoi ? un problème de calendrier ? autre chose ?

[MAJ] Effectivement, les élèves-bibliothécaires étaient absents car en pleine semaine PPP (rédaction du rapport principal). et c’est bien dommage.

La vidéo ne présente que deux interventions d’élèves, j’espère que ça ne reflète pas la totalité des échanges

Non ? Quelqu’un(e) peut confirmer ?

[MAJ] Et bien si, les échanges ont été bien moins fournis que certaines polémiques sur Biblio-fr. La faute au sujet ? à l’enregistrement vidéo ? aux échanges en anglais ? un peu tout ça semble-t-il.

Ces deux interventions tournent autour du jeu vidéo dans les bibliothèques (d’ailleurs, il semble que l’info ne soit pas passée partout : LE SCD D’ANGERS NE PROPOSE PAS DE JOUER A LA WII POUR REDUIRE SES PENALITES DE RETARD).

Quel a été le sentiment général des élèves-conservateurs sur l’introduction du jeu vidéo en bibliothèque ? Durant leur carrière, arrivés à un poste de direction, s’interrogeront-ils sérieusement sur cette possibilité ? Tenteront-ils l’expérience ?

[MAJ] ça reste difficile à dire, j’espère juste que l’enthousiasme de Bibenfolie a été communicatif.

Après l’ENSSIB, Jan van de Geer et Erik Boekesteijn se rendent à la BM de Lyon pour rencontrer le directeur. La vidéo se termine par un texte indiquant que le directeur n’était pas présent ce jour-là et qu’ils repasseront…

Ça ne donne pas une très bonne image de la BM. J’ai peut-être ce sentiment car je reste attaché à la BM de Lyon (mon premier poste) et surtout je m’étonne qu’ils n’aient pas pu rencontrer quelqu’un d’autre. La BML est tout de même pourvue d’un responsable Etude et prospective (Bertrand Calenge), d’une responsable des relations publiques (Geneviève Chovet) et d’une responsable marketing (Sandrine Chomel-Isaac).

J’espère qu’ils auront plus de chance la prochaine fois.

[MAJ] Jan et Erik ont bien rencontré quelqu’un à la BML mais n’ont pas pu tourner dans les espaces.

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Un poisson nommé Wii

1 avril 2008 7 commentaires

Il est temps de dévoiler notre poisson d’avril : la Wii à la BU d’Angers, c’était bidon ! En fait, tout ceci est parti de la proposition 7 de nicomo… et rien n’a bien sûr existé dans le « monde réel ».

Merci donc, et pardon à tous ceux qui ont participé à leur insu à cette expérience qui au départ n’en était pas une tant cela nous semblait improbable. Il faut avouer que le buzz aussitôt généré nous a pris de cours, nous obligeant à confirmer le scoop (ici, ici et ici) afin de préserver ce qui devenait au fil des jours un incroyable terrain d’observation et de débat, en temps réel, sur la réception d’une idée nouvelle dans notre profession.

Les échanges très riches et parfois très vifs (mais ça fait du bien dans un milieu où le silence est d’or) ont très vite porté sur le périmètre et les missions même des BU ainsi que sur la légitimité de leur fonction « sociale », la wii et les jeux vidéo devenant un simple prétexte au débat.

Au final, qu’avons-nous observé ?

Des bibliobloggeurs qui ont massivement relayé et salué l’originalité et l’intérêt de l’initiative qui s’inscrivait bien selon eux dans une conception élargie de la BU comme lieu de nouvelles sociabilités et qui permettait de questionner notre relation à l’usager, notamment dans le cadre du règlement intérieur.

Quelques internautes, souvent professionnels des bibliothèques, ont construit un argumentaire légitimiste de la bibliothèque comme lieu unique de transmission des savoirs devant être protégé des effets de mode, du marketing, de la puérilité et de la niaiserie ambiantes, de la démagogie enssibienne… bref un discours compassé et attendu, mais très utile au débat.

Saluons ici l’acharnement thérapeutique, quasi ad hominen, du site l’Oeil cynique rédigé sous le couvert d’un (presque) anonymat très courageux, et pour qui la Wii en BU n’est vraiment pas passée… 3 semaines encore après l’annonce initiale !

Que faire maintenant de cette aventure ?

Assurément une synthèse qui poserait la question de l’influence des biblioblogs et interrogerait leur rôle dans les débats professionnels, n’en déplaise à l’ABF. Une
réflexion sur les mutations et l’innovation en bibliothèque, qui s’intéresserait notamment aux amalgames systématiques entre action et communication sur l’action. Enfin, un début de débat sur la contestation même du rôle social des bibliothèques universitaires…

Pour conclure, et sans ranimer la controverse, nous voilà un peu pris à notre propre piège, obligés de penser plus sérieusement la place des « serious games » dans nos bibliothèques (cf. rapport Isaac) et de réfléchir à un service qui pourrait faire sens et s’articuler avec l’existant. C’est ce que nous avons commencé à faire, parallèlement à ce canular, en ouvrant des pistes avec les associations étudiantes et le service des sports de l’université et en contactant également la direction marketing de Nintendo France qui serait prête à mettre des consoles à disposition…

Le projet pourrait consister en l’organisation d’un championnat universitaire de Wii Sports, qui pourrait se tenir par exemple tous les samedis dans nos bibliothèques, et offrir le reste du temps des espaces en accès libre dans nos murs. Reste maintenant à connaître les représentations des usagers eux-mêmes et l’acceptabilité d’une telle proposition auprès de nos publics.

A suivre donc…

Nicolas Alarcon
Daniel Bourrion
Olivier Tacheau

Une Wii dans ta BU

12 mars 2008 19 commentaires

Pensez à lire tous les posts sur la Wii dans la BU

A l’instar de certaines bibliothèques américaines, le service commun de la documentation de l’université d’Angers a récemment décidé la modification des conditions de prêt et de pénalités au sein de ses bibliothèques.

Désormais, les usagers sanctionnés d’une pénalité de retard de plus de deux semaines (un jour de retard équivaut à un jour de suspension d’emprunt) peuvent réduire leur pénalité voire l’annuler en affrontant un bibliothécaire sur Wii Sports (jeu phare de la console Nintendo Wii). Cette possibilité n’est pas offerte aux usagers ayant perdu ou endommagé un document.

Est déclaré gagnant, le joueur ayant remporté successivement deux manches. Le choix du jeu est laissé au bibliothécaire d’astreinte. Un planning ad hoc est réalisé chaque semaine parallèlement aux plannings de service public.

Par ailleurs, la console peut être utilisée sur réservation durant les horaires d’ouverture de la bibliothèque.

Ce dispositif , qui fait écho au récent poste de Nicomo, est en test jusqu’à fin mars.

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Pour moi ce sera un Mojito Picon.

Episode 1′ : Une Wii dans ta BU (De tout sur rien)

Episode 2 : La pensée horizontale (Le nombril de Belle-Beille)

Episode 3 : Une Wii dans ta BU – Des compétences et des formations

Episode 4 : J’ai Wii ce matin (De tout sur rien)

Episode final : Un poisson nommé Wii (Assessment Librarian, De tout sur rien, Le nombril de Belle-Beille)

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Le Rapport Isaac et les « serious games »

Le rapport sur l’Université numérique d’Henri Isaac est sorti le 11 janvier dernier. Largement signalé dans la blogalaxie, je vous renvoie au post d’Affordance pour une critique pertinente.

Je ne savais même pas que la lettre de mission intégrait les « serious games ». J’ai donc été plutôt intrigué par la lecture de ce rapport. Plutôt intrigué et pas mal déçu aussi.

Je n’y attendais pas grand chose et c’est exactement ce que j’ai trouvé. Après une longue tirade à base de banalités sur tous les nouveaux outils du web 2.0 (la revue d’effectifs est presque complète : wiki, réseaux sociaux, univers virtuels, blogs), on trouve ça :

De nouveaux usages du numérique

(…)

Enfin, le jeu-vidéo n’est plus simplement envisagé comme une simple distraction dévorante des nouvelles générations. Le succès croissant du jeu-vidéo auprès des jeunes, l’arrivée de nouvelles interfaces sur les nouvelles consoles de salon (Nintendo DS, Wii), ouvrant celles-ci à de nouveaux publics (femmes, seniors), oblige à repenser le jeu-vidéo.

Son potentiel éducatif a fait l’objet de plusieurs études et se traduit par la notion de « serious game ». Des institutions comme l’armée américaine, des universités de médecine, mais aussi une société comme IBM, ont développé des jeux-vidéo afin de former leurs personnels à des problématiques spécifiques (guérilla urbaine, bloc opératoire, gestion des processus métiers en entreprise). Les interfaces des jeux-vidéos, leur structure narrative, les modalités d’apprentissage (essai-erreur) apparaissent comme des caractéristiques intéressantes pour la formation. Il n’en demeure pas moins que le modèle économique du jeu-vidéo empêche à ce jour un développement plus rapide des « serious game » dans l’enseignement. Les investissements financiers et humains, le cycle de vie des jeux, le rôle prépondérant des fabricants de console (Sony, Nintendo, Microsoft) sur les standards et les modalités économiques de cette industrie constituent de sérieux obstacles au développement de jeux-vidéos pour l’enseignement.

Le rapport présente douze propositions pour « une politique du numérique « . Pas de modus operandi, pas de financement, juste des propositions. Le paragraphe concernant les « serious games » laisse augurer de l’endroit où ils vont prochainement être rangés.

Lancer un programme de recherche sur le serious game
Si le potentiel des « serious game » pour l’apprentissage est avéré, les conditions économiques nécessaires pour développer des usages dans l’enseignement supérieur ne sont actuellement pas réunies. Un programme de recherche sur les conditions techniques et économiques qui permettraient son utilisation dans la pédagogie pourrait utilement aider à accélérer son usage. Il conviendrait de réunir une ou des équipes pluridisciplinaires afin d’appréhender les différents aspects liés au développement technique, économique et pédagogique de tels outils.

J’aurai sûrement l’occasion de reparler de certaines propositions sur une autre blog

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Shawn McCann ou le profil qui tue

14 novembre 2007 Laisser un commentaire

Jeff Trzeciak, directeur des bibliothèques de l’université McMaster (Ontario, Canada), avait annoncé en septembre 2006 (en anglais) qu’il en voulait un.

Bon, c’est un directeur un petit peu particulier puisqu’il passe 20h par semaine sur World of Warcraft et son avatar figure même au dos de sa carte professionnelle. Son idée est que WoW offre un environnement tout à fait propice à l’apprentissage : les participants y sont attentifs, les objectifs sont clairement définis au départ, la difficulté est progressive et sanctionnée par le passage à un niveau supérieur, l’apprentissage se fait seul, avec un guide ou en petit groupe, etc.

Il l’a finalement recruté en avril dernier, il s’appelle Shawn MCann, il est Immersive learning (gaming) librarian (en anglais). Quelques infos sur son profil (apparemment le premier du genre) :

Shawn’s primary responsibility will be for exploring, creating, supporting and promoting library resources through gaming and virtual worlds. In particular, he brings strong technical skills; library experience; grant writing; classroom teaching experience; and, of course, a personal interest in gaming.

Vous trouverez des infos sur ce monsieur dans cet article (en anglais) de la gazette de l’université McMaster. Leurs réflexions autour des jeux vidéos et de l’apprentissage ne se résument pas aux jeux massivement multijoueurs en ligne (MMORPG), elles intègrent aussi les univers virtuels du type Second Life (où ils assurent déjà un service de référence).

Plus que dans les soirées d’intégration des nouveaux étudiants ou les tournois ponctuels, les jeux vidéos pourraient trouver leur utilité voire leur légitimité au sein des bibliothèques grâce à la formation des usagers.

Info trouvée via cet article porté à ma connaissance par la voix des alpages.

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Des gamers dans ta BU – Conclusions

4 novembre 2007 1 commentaire

AtariL’Annoyed Librarian a publié un post sur les jeux vidéos dans les bibliothèques (en anglais). Comme à son habitude, c’est peu constructif voire, à certains moments, intellectuellement malhonnête mais ce n’est pas dénué d’humour (très second degré), ça a le mérite de poser certaines questions et puis le style provocateur est son fond de commerce.

Elle est clairement contre les jeux vidéos en bibliothèques, comme elle est clairement contre la bibliothèque 2.0 (en anglais). Des jeux vidéos ? Pourquoi pas des ustensiles de cuisine ou des outils de bricolage en prêt dans votre médiathèque !

Dans ce post, elle réagit à un article (en anglais) de Michael Stephens sur son blog Tame the web. Il y présente une session autour des jeux vidéos donnée à ses étudiants en Sciences de l’information et des bibliothèques de la Dominican University. L’Annoyed Librarian saisit l’occasion pour dire tout le mal qu’elle pense des « Library Schools » et de leur offre de formations surtout depuis qu’elles intègrent des cours sur les jeux vidéos. Le débat dans les commentaires tourne autour de : oui ou non, les formations en LIS (Library and Information Sciences) tiennent-elles la route ? La question des jeux vidéos n’y est que peu abordée.

Tout cela m’a fait penser au premier des deux axes proposés par Nicolas :

démocratiser l’accès à la culture en acceptant que la culture s’est démocratisée et ne pas rejouer, en 2007 à propos d’internet et des jeux vidéos, les débats des années 1960 ou 1970 sur l’entrée des disques ou des films dans nos collections

Cette démocratisation se joue sur l’offre de nouveaux supports ou de nouveaux services, elle réside aussi (surtout ?) dans la formation des professionnels. L’ENSSIB ou le CNFPT proposera un jour des formations sur les jeux vidéos dans les bibliothèques. La question est : quand ?

Le jeu vidéo ne se résume pas à Dance Dance Révolution, à Guitar Hero ou à des tournois de Half-life. La moyenne d’âge des joueurs est de plus de 30 ans. Le public se féminise. Le « bien culturel » (avec tous les guillemets que l’on veut bien mettre à ces termes) le plus vendu l’année dernière en France est une simulation de football (PES). En 2004, 90% des 12-17 ans (nos prochains usagers) utilisaient leur ordinateur pour jouer, 35% avaient déjà joué à des jeux en réseaux (selon une enquête du CREDOC).

On ne va pas pouvoir passer à côté très longtemps.

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