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Quelles compétences pour un service de réference par chat ?

12 décembre 2008 3 commentaires

C’est à peu près la question que le groupe de travail auquel je participe s’est posée. C’est aussi ce que se demande Lili Luo dans son article « Toward sustaining professional developement :  Identifying essential competencies for chat reference service » (Science Direct, sur abonnement) paru dans la revue Library & Information Science Research . Comme quoi, les choses sont plutôt bien faites.

Je vais éviter les circonvolutions et donner la liste des 21 compétences que Lili Luo définit comme essentielles après une enquête auprès de 597 bibliothécaires participant à des services de renseignement par chat. Si vous souhaitez avoir plus d’info sur l’enquête, sa méthodologie, je vous invite à consulter ma (tentative de) traduction (partielle), attention, c’est du fait-maison.

Aptitudes à l’entretien de référence

– débuter la session par une formule de cordialité afin de montrer son intérêt et sa volonté d’aider
– utiliser des relances ouvertes pour faire préciser les questions
– renvoyer l’usager vers des ressources ou services appropriés si nécessaire
– reconnaitre lorsqu’un suivi est nécessaire
– répondre sans jargonner
– répondre de manière neutre
– demander si le besoin d’information de l’usager a été satisfait

Familiarité avec les ressources électroniques

– savoir sélectionner et rechercher dans les bases de données et les ressources sur internet
– connaître les bases de données souscrites par la bibliothèque
– disposer d’une vaste connaissance des ressources disponibles sur internet
– évaluer rapidement la qualité des ressources et services

Esprit relation-client

– comprendre l’éthique du « service client » afin de fournir un service de qualité aux usagers
– appliquer la politique du service de renseignement par chat si nécessaire

Ces trois groupes de compétences forment ce que Lili Luo appelle les « compétence générales du renseignement ».

– garder l’usager constamment informé en lui indiquant ce que l’on fait.

Travailler sous la pression

– réfléchir rapidement et régler les problèmes inattendus lors d’une session de chat
– gérer plusieurs activités au même moment
– savoir gérer son temps

Ces 4 compétences sont définies comme « mises en évidence par le chat ».

Savoir communiquer en ligne

– maîtriser la communication écrite instantanée
– comprendre la culture d’internet et les conventions du chat


– tirer partie des fonctionnalités des applications de chat ou des messageries instantanées pour conduire efficacement une session de chat

– connaître les ressources des autres bibliothèques dans un service de renseignement collaboratif

Ces compétences sont considérées comme « spécifiques à un service par chat ».

A l’heure où nous nous interrogeons (enfin surtout ma collègue NK) sur la formation à proposer aux bibliothécaires participant au service de référence en ligne du grand Ouest, cet article propose des pistes tout à fait pertinentes. En plus, il a le mérite de mettre en rapport les compétences avec le profil de la population étudiée.

Pour prendre un exemple proche de notre expérience, l’article affirme que les bibliothécaires-chatteurs exerçant dans un service collaboratif (plusieurs bibliothèques réunissent leurs ressources pour assurer une ouverture significative) accordent plus d’importance aux compétences techniques, à la connaissance des ressources électroniques, à la compréhension de la culture internet et des conventions du chat et à l’aptitude à travailler sous la pression.

Les compétences « prioritaires » diffèrent également selon que le bibliothécaire utilise une application commerciale de chat (type QuestionPoint) ou un application de messagerie instantanée et selon l’année d’obtention du diplôme de bibliothécaire.

Le questionnaire proposé par Lili Luo est le meilleur moyen de construire une formation adaptée aux attentes et aux besoins des bibliothécaires. Quant aux résultats, les nôtres seraient sensiblement différents, si nous menions l’enquête dans le cadre de notre projet. L’échantillon américain était composé aux 3/4 de bibliothécaires exerçant depuis plus d’un an dans un service de renseignement par chat, ils se définissaient à plus de 80% comme « à l’aise » avec un service de ce type.

Rien de tel de notre côté où, à ma connaissance, personne n’a déjà participé à un service de renseignement par chat et où il existe encore quelques appréhensions face à un outil totalement neuf dans les bibliothèques françaises.

Mais si on se base sur les résultats de cette étude, tout cela n’est qu’une question de pratique et de formation.

Des gamers dans ta BU – Conclusions

4 novembre 2007 1 commentaire

AtariL’Annoyed Librarian a publié un post sur les jeux vidéos dans les bibliothèques (en anglais). Comme à son habitude, c’est peu constructif voire, à certains moments, intellectuellement malhonnête mais ce n’est pas dénué d’humour (très second degré), ça a le mérite de poser certaines questions et puis le style provocateur est son fond de commerce.

Elle est clairement contre les jeux vidéos en bibliothèques, comme elle est clairement contre la bibliothèque 2.0 (en anglais). Des jeux vidéos ? Pourquoi pas des ustensiles de cuisine ou des outils de bricolage en prêt dans votre médiathèque !

Dans ce post, elle réagit à un article (en anglais) de Michael Stephens sur son blog Tame the web. Il y présente une session autour des jeux vidéos donnée à ses étudiants en Sciences de l’information et des bibliothèques de la Dominican University. L’Annoyed Librarian saisit l’occasion pour dire tout le mal qu’elle pense des « Library Schools » et de leur offre de formations surtout depuis qu’elles intègrent des cours sur les jeux vidéos. Le débat dans les commentaires tourne autour de : oui ou non, les formations en LIS (Library and Information Sciences) tiennent-elles la route ? La question des jeux vidéos n’y est que peu abordée.

Tout cela m’a fait penser au premier des deux axes proposés par Nicolas :

démocratiser l’accès à la culture en acceptant que la culture s’est démocratisée et ne pas rejouer, en 2007 à propos d’internet et des jeux vidéos, les débats des années 1960 ou 1970 sur l’entrée des disques ou des films dans nos collections

Cette démocratisation se joue sur l’offre de nouveaux supports ou de nouveaux services, elle réside aussi (surtout ?) dans la formation des professionnels. L’ENSSIB ou le CNFPT proposera un jour des formations sur les jeux vidéos dans les bibliothèques. La question est : quand ?

Le jeu vidéo ne se résume pas à Dance Dance Révolution, à Guitar Hero ou à des tournois de Half-life. La moyenne d’âge des joueurs est de plus de 30 ans. Le public se féminise. Le « bien culturel » (avec tous les guillemets que l’on veut bien mettre à ces termes) le plus vendu l’année dernière en France est une simulation de football (PES). En 2004, 90% des 12-17 ans (nos prochains usagers) utilisaient leur ordinateur pour jouer, 35% avaient déjà joué à des jeux en réseaux (selon une enquête du CREDOC).

On ne va pas pouvoir passer à côté très longtemps.

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