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Posts Tagged ‘bibliothèque universitaire’

Un poisson nommé Wii

1 avril 2008 7 commentaires

Il est temps de dévoiler notre poisson d’avril : la Wii à la BU d’Angers, c’était bidon ! En fait, tout ceci est parti de la proposition 7 de nicomo… et rien n’a bien sûr existé dans le « monde réel ».

Merci donc, et pardon à tous ceux qui ont participé à leur insu à cette expérience qui au départ n’en était pas une tant cela nous semblait improbable. Il faut avouer que le buzz aussitôt généré nous a pris de cours, nous obligeant à confirmer le scoop (ici, ici et ici) afin de préserver ce qui devenait au fil des jours un incroyable terrain d’observation et de débat, en temps réel, sur la réception d’une idée nouvelle dans notre profession.

Les échanges très riches et parfois très vifs (mais ça fait du bien dans un milieu où le silence est d’or) ont très vite porté sur le périmètre et les missions même des BU ainsi que sur la légitimité de leur fonction « sociale », la wii et les jeux vidéo devenant un simple prétexte au débat.

Au final, qu’avons-nous observé ?

Des bibliobloggeurs qui ont massivement relayé et salué l’originalité et l’intérêt de l’initiative qui s’inscrivait bien selon eux dans une conception élargie de la BU comme lieu de nouvelles sociabilités et qui permettait de questionner notre relation à l’usager, notamment dans le cadre du règlement intérieur.

Quelques internautes, souvent professionnels des bibliothèques, ont construit un argumentaire légitimiste de la bibliothèque comme lieu unique de transmission des savoirs devant être protégé des effets de mode, du marketing, de la puérilité et de la niaiserie ambiantes, de la démagogie enssibienne… bref un discours compassé et attendu, mais très utile au débat.

Saluons ici l’acharnement thérapeutique, quasi ad hominen, du site l’Oeil cynique rédigé sous le couvert d’un (presque) anonymat très courageux, et pour qui la Wii en BU n’est vraiment pas passée… 3 semaines encore après l’annonce initiale !

Que faire maintenant de cette aventure ?

Assurément une synthèse qui poserait la question de l’influence des biblioblogs et interrogerait leur rôle dans les débats professionnels, n’en déplaise à l’ABF. Une
réflexion sur les mutations et l’innovation en bibliothèque, qui s’intéresserait notamment aux amalgames systématiques entre action et communication sur l’action. Enfin, un début de débat sur la contestation même du rôle social des bibliothèques universitaires…

Pour conclure, et sans ranimer la controverse, nous voilà un peu pris à notre propre piège, obligés de penser plus sérieusement la place des « serious games » dans nos bibliothèques (cf. rapport Isaac) et de réfléchir à un service qui pourrait faire sens et s’articuler avec l’existant. C’est ce que nous avons commencé à faire, parallèlement à ce canular, en ouvrant des pistes avec les associations étudiantes et le service des sports de l’université et en contactant également la direction marketing de Nintendo France qui serait prête à mettre des consoles à disposition…

Le projet pourrait consister en l’organisation d’un championnat universitaire de Wii Sports, qui pourrait se tenir par exemple tous les samedis dans nos bibliothèques, et offrir le reste du temps des espaces en accès libre dans nos murs. Reste maintenant à connaître les représentations des usagers eux-mêmes et l’acceptabilité d’une telle proposition auprès de nos publics.

A suivre donc…

Nicolas Alarcon
Daniel Bourrion
Olivier Tacheau

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Des gamers dans ta BU – GeorgiaTech

georgia_tech_yellow_jackets.jpg On retrouve à peu près les mêmes arguments développés par Wake Forest University chez GeorgiaTech :

  • Toucher les primo-entrants lors de leurs premières semaines à l’université.
  • Proposer au personnel un aperçu de la culture de leurs usagers.
  • Présenter la bibliothèque comme un espace technologiquement avancé.
  • Développer le sens de la communauté entre le personnel et les usagers
  • Renforcer la collaboration entre la bibliothèque et l’équipe informatique du campus

Pour Lori O. Critz, ce type d’événement permet de :

  • Promouvoir subtilement les services et ressources de la BU (par des affiches et des messages bien placés dans les espaces).
  • Améliorer le niveau de coolitude de l’établissement (traduction très personnelle de « Working our coolness factor »).
  • Créer des échanges entre BU et clubs d’étudiants invités à faire des démonstrations lors de la soirée (improvisation théâtrale, choeur, etc.).
  • Améliorer l’image du personnel vis à vis des usagers.

L’organisation que GeorgiaTech a choisie n’était pas viable à long terme ; le tournoi était : trop orienté gros consommateur de jeux (la diversité des activités proposées influence la composition du public, on ne peut pas se contenter des « hardcore gamers »), trop gourmand en temps du personnel, trop cher (location d’un écran géant, prix pour les gagnants du tournoi, nourriture, etc.).

Le tournoi a été organisé deux années de suite puis ils ont préféré changer de formule pour une soirée plus festive, les jeux vidéos n’étant plus qu’une des activités proposées parmi d’autres (musique, théâtre, jeux de société, jeux de cartes).

[img : sports-logos]
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Des gamers dans ta BU – Wake Forest University

27 octobre 2007 3 commentaires

Demon Deacons Je reviens sur le symposium de l’ALA Techsource autour des jeux vidéos et des bibliothèques.

Concrètement, l’introduction des jeux vidéos comme événement dans une bibliothèque universitaire, ça se passe comment ?

Parmi les interventions, celle intitulée Gaming in Academic Libraries : The Why and How a , bien sûr, retenu mon attention. Elle présente les expériences de la Smith Reynolds Library (Wake Forest University) et de la Georgia Institute of Technology Library.

Lynn Suton, directrice de la bibliothèque Smith Reynolds, explique qu’ils ont mis en place les « Gaming events » dans un but principalement marketing, la promotion de la BU. C’était aussi un moyen pour eux d’atteindre des étudiants qu’ils n’avaient pas pu toucher en début d’année universitaire, durant les sessions de présentation de la bibliothèque.

Le jeu vidéo peut même être intégré (à petite dose) dans les formations au fonctionnement de la bibliothèque, ou dans les OPAC (car c’est bien connu, l’opac ça craint).

L’organisation : la bibliothèque de Wake Forest a organisé trois « nuits des jeux vidéos » (deux en septembre et une en février, à chaque fois des vendredis entre 19h et 23h) et un tournoi en février, un vendredi de 15h à 18h. Les étudiants devaient s’enregistrer auprès du personnel s’ils souhaitaient jouer, ils pouvaient aussi juste venir faire un tour.

Le public : le public cible est connu, ce sont les étudiants (isolés) de première année qui ont parfois du mal à s’intégrer dans les communautés étudiantes et ont de plus grandes chances de décrocher rapidement voire d’abandonner. Pour Lynn Sutton, ce type d’événement est un moyen de montrer la bibliothèque comme un lieu accueillant, convivial, où l’on peut rencontrer des étudiants partageant des centres d’intérêt communs et en dehors d’un contexte purement studieux. Un réseau social en quelque sorte.
Le public s’est diversifié au fil des soirées. Des membres du personnel de l’université sont venus avec leurs enfants, le public s’est féminisé grâce à des jeux plus orientés grand public (Dance Dance Révolution et Guitar Hero). Ça change des jeux à fort taux de testostérone du type baston et sport, représentés au départ.

Le matos : ils ont utilisé un grand nombre de projecteurs vidéos (la plupart assez vieux, sur le point de rendre l’âme, prêtés par le service informatique de l’université), d’écrans, de rallonges électriques, de câbles de connexion et un trophée pour le tournoi. Les étudiants apportaient leurs consoles, PC et jeux.

Le personnel : 6 membres du Library Information Technology Team Staff et 8 Resident Technology Advisors (RTA, des étudiants-référents en matière de technologie et habitant dans les résidences universitaires du campus). Des étudiants se sont facilement portés volontaires pour prêter main forte.

La communication : beaucoup de communication autour de l’événement surtout pour la première nuit : des tonnes de mails, du lobbying auprès des étudiants, une place dans tous les calendriers de l’université. Et de longues (mais indispensables) discussions avec les collègues pour leur expliquer pourquoi ce genre d’événement ne dégrade pas l’image de la bibliothèque, au contraire.

Le coût : $475 pour la première nuit (la location des écrans a pesé lourd sur ce budget) ensuite le coût se stabilise vers $170 (sodas, pizzas, trophée, etc.).

Le retour : Deux enquêtes de satisfaction ont été organisées après les « nuits » (via l’outil d’enquête en ligne Zoomerang).

[img : wikipédia]
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