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National e-books Observatory Project – Lorraine Estelle (JISC)

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Gaël, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Lorraine Estelle est Chief Executive Officer au JISC, elle a participé au National e-books Observatory Project. Le rapport final et les rapports d’étape sont tous disponibles sur le site du National e-books Observatory Project. Le prezi de son intervention lilloise est également disponible.

[Lorraine Estelle a livré, à mon sens, la plus intéressante et la plus riche intervention en ce qui concerne les principaux enjeux des e-books (note du blogueur)]

Retour sur la méthodologie du JISC

  • 2 enquêtes furent menées et comparées en janvier 2008 et janvier 2009
  • analyse des logs de la plateforme Myilbrary
  • focus groups (entretiens collectifs) d’étudiants, d’enseignants et de bibliothécaires
  • analyse des statistiques de circulations dans les bibliothèques
  • analyse des ventes au détail des livres acquis.

Le JISC a acquis 36 e-books (600.000 £) dans 4 disciplines (Business-management, Science de l’ingénieur, Médecine, Médias-communication), mis à disposition de toutes les institutions d’enseignement supérieur du Royaume-Uni. Leurs usages furent analysés.

Résultats des deux enquêtes (52 000 réponses au total)

Les étudiants en business-management ont lu plus de e-books que les étudiants en médecine.

Les usagers ont plutôt trouvé leur e-book par la bibliothèque universitaire (puis disponible gratuitement sur le web). Concernant la fourniture de e-books, les attentes des usagers (étudiants+enseignants) vis à vis de la BU ont considérablement augmenté entre l’enquête de 2008 et l’enquête de 2009. Sur ce point, la bibliothèque académique devient un partenaire incontournable.

Les utilisateurs de e-books les consomment par petits morceaux, en « picorant » quelques chapitres. La plus grande partie de temps de consultation est consacré à la navigation et à la recherche de contenu pas à la lecture. En moyenne, il passe 13 minutes à consulter un e-book et 83% passent moins d’une minute par page (conclusions à partir des analyses de logs). Ils préfèrent imprimer les pages et prendre des notes plutôt que d’utiliser les fonctionnalités proposées par les plateformes.

La lecture se fait majoritairement sur l’écran ou en mélangeant écran et impression.

La consultation des e-books se fait tout au long de la journée avec un pic entre 8h et 14h, l’accès se fait majoritairement sur le campus.

A court-terme, rien n’indique que la mise à disposition gratuite des e-books à la communauté universitaire a une influence négative sur les ventes de livres aux étudiants.

La bibliothèque face aux e-books

Concernant la signalisation, les bibliothèques ont un challenge important à relever. Il subsiste encore beaucoup de confusion entre le catalogue, la recherche fédérée et le site de la bibliothèque. La recherche et la découverte doivent être les plus simples possibles. Le catalogue comme point principal d’accès aux ressources nécessitent des métadonnées de qualité. « …users have literally re-frame their minds when movieng from one system to another and this require patience and time consuming. »

Le PDF comme principal format des e-books contraint (lock-down),  on ne jouit pas encore de toutes les fonctionnalités du net.

A la recherche d’un modèle économique

La vente de manuels (textbooks) aux étudiants représente 70% à 90% des revenues des éditeurs (plus 200 millions de £ en 2006/2007 à comparer au 50 millions de £ de vente aux bibliothèques académiques. La vente des manuels aux étudiants est en stagnation mais elle constitue une part non négligeable de leurs dépenses.

Les enquêtes ont montré que les e-manuels ne se substituaient pas aux versions papier mais constituaient un complément nécessaire, il s’agit donc d’un nouveau marché. L’immobilisme n’est pas de mise, l’importance de trouver une modèle économique viable pour les e-books augmente à mesure que les attentes des usagers deviennent plus prégnantes.

Tester les modèles économiques

Le JISC procède  à 4 tests pour définir un modèle économique viable (résultats attendus fin 2010). Ces tests regroupent 8 éditeurs de manuels, 10 universités, 3 agrégateurs de contenus, 17 manuels de premier ordre (core textbooks).

Chaque test poursuit un objectif spécifique :

  • Test 1 : mesurer la viabilité d’un accès illimité à des e-manuels via des agrégateurs ou via la plateforme spécifique de l’éditeur.
  • Test 2 : explorer le rôle de la bibliothèque dans la fourniture aux étudiants d’une variété d’accès au e-manuels (accès à un chapitre, pay-per-view, impression uniquement, e-only ou combinaison impression/électronique)
  • Test 3 : évaluer l’impact sur les ventes de e-manuels lorsque la bibliothèque propose un accès électronique et déterminer ce que préfèrent les usagers parmi plusieurs options (accès via la bibliothèque, commande d’une version papier ou version hybride papier/élec, commande d’une version e-only, commande ou location d’un chapitre.
  • Test 4 : déterminer si l’accès aux e-manuels par la bibliothèque améliore les ventes

Des licences clés en main

Le JISC en collaboration avec The Publishers Association a rédigé un ensemble de recommandations pour les contrats de licences afin de gagner du temps, de mieux communiquer avec les utilisateurs, de traiter des questions d’accès aux archives, d’inclure des standards comme Counter, les procédés anti-plagiat ou les questions d’accessibilité et d’oeuvrer pour des métadonnées de qualité qui aideront à la recherche.

10 conseils pour réussir avec vos e-books

  1. Répondez aux demandes de vos usagers.
  2. Promouvez l’image de marque de votre bibliothèque, personnalisez vos plateformes de e-books.
  3. Rendez l’accès à distance plus facile et plus fiable.
  4. La pub, ça marche. Développez une stratégie pour votre bibliothèque.
  5. Utilisez plusieurs méthodes promotionnelles. Les e-books sont, par essence, invisible.
  6. Mettez en avant les produits les plus efficace. Mettez la pression sur ceux qui ne le sont pas.
  7. Utilisez le catalogue, c’est encore la meilleure voie pour accéder aux contenus.
  8. Tant que les plateformes ne seront pas totalement intuitives, la formation et l’accompagnement seront indispensables.
  9. Expérimentez les modèles économiques.
  10. Développez des accès aux contenus user-friendly.
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Catégories :Aut'trucs, Docélec, Non classé

Merci Library journal

Depuis le début de l’année, j’ai suivi deux stages sur les ressources électroniques (Lettres-SHS pour le premier, STM pour le second). Aussi intéressantes furent-elles, aucune de ces formations n’a abordé un point qui me semblait pourtant stratégique dans le domaine de la documentation électronique.

Je suis donc reparti à moitié satisfait.

Finalement, j’ai trouvé mon bonheur dans le numéro 9 de la revue Library Journal (daté du 15 mai 2008). C’est un dossier de 9 pages intitulé « Information with a twist » signé par Carol Tenopir, Gayle Baker (University of Tennessee- Knoxville) et Jill E. Grogg (University of Alabama).

Elles font un tour rapide (3 pages) et précis des dernières évolutions du marché des bases de données et des bouquets de revues en insistant sur la tendance de 2008 : « Social networking and other Web 2.0 technologies led the social whirl of the information industry« . On trouve également un tableau récapitulatif des sociétés avec leurs produits-phares (et même le modèle économique privilégié : flat fee, concurrent user, potential user, etc.) ainsi que le profil en quelques lignes de ces sociétés.

J’apprends sûrement l’existence de ce rendez-vous annuel (appelé Database Marketplace, il sort autour du 15 mai) après tout le monde, mais ça me semble carrément indispensable pour un responsable de la documentation électronique, non ?

Dans le même genre, Library Journal publie chaque année (en avril) un dossier sur le coût des périodiques (Periodicals Price Survey), le dernier portait sur le mouvement Open Acces et proposait une bonne synthèse sur le sujet.

A part ce que fait Marlène , je ne vois pas d’équivalent en français.

A quoi joue Springer ?

14 décembre 2007 4 commentaires

Un ami haut placé m’a récemment alerté sur d’étranges apparitions/disparitions dans les pages de résultats de la base SpringerLink.

Concrètement, ça donne ce genre de truc :

springer.jpg

Springer ajoute sur la gauche un bandeau de pubs contextuelles (« sexual » dans l’exemple ci-dessus). Une des quatre pubs se vautre lamentablement, je vous laisse deviner laquelle.

Un autre exemple, toujours mentionné par mon ami haut placé, fait état d’une pub pour un stage d’éducation sexuelle au Canada au milieu d’une recherche sur l’environnement biologique des poissons. Charmant, non ?

Les pubs ont disparu environ une semaine après ce constat.

Cet épisode malheureux nous apprend deux choses :
– Springer envisage d’intégrer de la pub dans sa base.
– les filtres ne sont pas encore au point.

D’après ce que je connais de la documentation électronique (je débute dans le domaine), SpringerLink est la première base à intégrer de la pub extérieure (par le mastodonte de la pub sur Internet GoogleAds).

Pour quelles conséquences ? Le contrat Couperin-Springer s’arrête fin 2008, est-ce que la pub fera partie de la négociation ? Est-ce que le modèle économique sera revu ? Est-ce que cela signifie une réduction de 50% de notre facture SpringerLink ? On peut toujours rêver.

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