Formation QuestionPoint pour les nouveaux ubibiens

Le réseau ubib.fr s’est agrandi en septembre dernier, l’entrée de La Rochelle, Limoges et Poitiers sera effective en janvier prochain. 6 nouveaux ubibiens ont reçu une formation interne à l’application QuestionPoint (produit par OCLC) qu’ils utiliseront pour former à leur tour leurs collègues.

Voici le support de formation/aide à la prise en main de l’outil.

Ce document n’est pas exhaustif, il aborde les fonctionnalités que nous utilisons couramment.

Le guide QUALIBIB est disponible

Le Guide pratique pour l’amélioration de la qualité de l’accueil et des services dans les bibliothèques et les centres de documentation qu’on pourra nommer, sans scrupule, Qualibib est désormais disponible sur le portail Fonctions documentaires de la BiVi Afnor (BiVi pour Bibliothèque Virtuelle, un espace mêlant documents en libre accès comme des livres blancs et documents accessibles via abonnement comme des articles d’auteur, des normes, des textes réglementaires).

Qualibib est le fruit de la réflexion du groupe de travail éponyme piloté par Olivier Chourrot au sein du CN8 (si vous avez lu mon précédent billet, ce jargon n’a plus de secret pour vous) composé d’experts ayant mis en place une démarche qualité dans leur établissement (le SCD de Lyon I par exemple). D’après leurs auteurs, Qualibib n’est pas une nouvelle norme ou un nouveau référentiel sur la qualité, c’est une boîte à outils pour bibliothèque engagée dans une démarche qualité. On y trouve 49 “exigences” réparties en 10 catégories (Un accès facilité aux services, Services multimédias et sites web ou Prêt, communication et consultation de documents).

Qualibib “centripète” les normes, référentiels et recommandations existants : ISO9001 pour la philosophie générale de la démarche, Référentiel Marianne pour l’accueil des publics, Projet MINERVA pour les sites web, RGAA pour les questions d’accessibilité,  Vademecum BPI ou les chartes de services de renseignement en ligne Bibliosésame et Sindbad (parce que Si@de est arrivé trop tard ?). Comme la norme ISO9001, le guide pratique prend “comme postulat que pour maîtriser le résultat, il faut maîtriser les processus de production” et “(…) met l’accent sur la partie du travail qui n’est pas vue du public mais qui conditionne le résultat du service rendu“.

Que signifie Qualibib pour les bibliothèques ?

Elles disposent désormais d’un document-référence sur la qualité estampillé “Bibliothèques”, c’est à dire créé par des bibliothécaires pour des bibliothécaires et, surtout, créé à partir de protocoles existants hors des bibliothèques, on n’a pas cherché à réinventer l’eau chaude, bonne nouvelle. Si la Charte Marianne pouvait effrayer ou semblait trop éloignée de nos préoccupations, il n’y a plus d’excuse maintenant (je me demande encore pourquoi il y a aussi peu de bibliothèques Marianne-compliant).

On dispose à présent d’une feuille de route pour l’amélioration de la qualité de nos services. Les engagements pris par la bibliothèque après une enquête de satisfaction ou une enquête Libqual (comme à Angers) pourront être remplacés ou enrichis par les “exigences” Qualibib. Les bibliothèques partageront alors le même cadre de perception sur la qualité de leurs prestations.

Libqual ne perd pas de son intérêt. Il permet de compléter les exigences Qualibib et, cité dans le Guide pratique, il entre “officiellement” dans la boîte à outil de l’évaluateur aux côtés des normes et autres référentiels, champagne !

Qualibib me paraît aussi utile et utilisable dans une démarche qualité globalisante que dans un application homéopathique. La culture de l’évaluation comme la culture de la qualité ne s’acquièrent pas en une semaine. Pour la culture de l’évaluation, je connais les avantages d’une multiplication des enquêtes variant la population-cible, la durée, les protocoles de recueil de données et impliquant, à différents degrés, le personnel de la bibliothèque. Nous les expérimentons régulièrement (enquête de publics, semaine-test, enquête Libqual, focus-group) et l’évaluation devient presque un réflexe. Même chose pour la qualité, on peut commencer par de petites avancées, régulières, persistantes ; le grand jour de la démarche qualité sera peut-être moins douloureux.

Enfin, même si ce n’est à l’heure actuelle qu’un guide pratique, on peut imaginer un jour un “label Qualibib”, certification pour les bibliothèques attribué par un organisme tiers habilité. Pourquoi pas ? le référentiel Marianne est bien devenu un label certifié !

Crédit photo : ljcybergal

GT2/SC8/CT46

Ça fonctionne aussi avec WG2/SC8/TC46.

Promenons nous ensemble, cher(e) lect(eur/rice), dans la forêt insondable et envoûtante des normes internationales.

Le CT46 est coincé entre le CT45 (Élastomères et produits à base d’élastomères) et le CT47 (Chimie) : c’est le Comité technique (ou Technical comittee) consacré à l’Information et  Documentation au sein de l’Organisation internationale de normalisation (ou ISO). Le CT46 a en charge la “normalisation des pratiques relatives aux bibliothèques, aux centres de documentation et d’information, à l’édition, aux archives, au records management, à la documentation muséographique, aux services d’indexation et de résumés, et aux sciences de l’information.

Le SC8 (ou sous-comité n°8)  s’occupe plus particulièrement de Qualité – Statistiques et évaluation de la performance. Il est à l’origine des normes 2789 ou 11620 (que j’utilise régulièrement pour nos enquêtes et dont je vous avais déjà parlé ici ou ). Le SC8 est actuellement dirigé par Roswitha Poll, experte internationale du domaine et auteur du récent Measuring Quality : Performance Measurement in Librairies.

Enfin, au sein du SC8, les Statistiques internationales de bibliothèques sont le domaine réservé du Groupe de travail n°2. Il se compose d’une dizaine de membres (9 pays sont représentés) et gère les évolutions de la norme ISO2789.

En mars dernier, le SC8 a accepté la proposition du GT2 de réviser la norme 2789 (la 4e édition date de 2006) en raison d’une part des “rapides changement que connait le monde de l’information et des bibliothèques” et d’autre part des “sujets émergents issus des travaux des Rapports Techniques du SC8“. Pour résumer, les bibliothèques changent à grande vitesse, les statistiques internationales se doivent de refléter ces changements.

En France, le SC8 est représenté par la Commission de normalisation 8 (CN8), pilotée par l’Afnor et placée sous la responsabilité de Pierre-Yves Renard (également adjoint au chef de la division Documentation de l’INSEE ). Ce dernier m’a demandé de participer à leurs réflexions sur la révision de la norme 2789. Plus d’infos sur comment on révise une norme internationale prochainement.

Stay tuned.

crédit photo : Christian_parreira

3 choses à savoir sur Libqual

1) L’administration de Libqual est souvent une période de découverte et d’inventivité pour l’établissement qui le met en place. L’intense communication accompagnant l’enquête et censée lui assurer un taux de réponse satisfaisant a rarement d’équivalent sur d’autres projets. Cet instant permet parfois de s’interroger sur la visibilité de l’établissement au sein de son université et d’explorer tous les canaux de communication à sa disposition pour diffuser son message, des plus officiels et évidents (page d’accueil du site web de l’université, lettre du président) aux moins légitimes (usages des réseaux sociaux internes ou annonces sur les « murs » des groupes Facebook liés à l’université).

Capitalisez ces découvertes, elles vous serviront pour les prochaines opérations.

2) Libqual oblige à mettre de côté la notion de satisfaction. Libqual ne mesure pas la qualité objective, ou la satisfaction des usagers (liée à un échange, une interaction précise datable et localisable) mais la qualité perçue (perceived quality) qui relève plus de l’expérience globale de l’usager dans le service étudié (sur ce sujet voir l’article fondateur de la méthode Servqual) . Cette approche constitue à la fois l’esprit de l’enquête Libqual (matérialisé par les trois niveaux de service évalués pour chaque item : minimum, souhaitable et observé) et sa complexité

→ Libérez-vous de la satisfaction des usagers (qui est plutôt celle du bibliothécaire). Appréhendez votre établissement à travers le regard et le jugement de vos usagers.

3) Par le questionnement proposé et les résultats produits , Libqual implique d’écouter les usagers. Cela semble évident à première vue mais, en fait, pas tant que cela. Les moments et les lieux d’expression des usagers sont souvent réduits à la portion congrue. La production d’un discours sur l’établissement (remplir un questionnaire Libqual peut équivaloir à la production d’un discours) et la prise de connaissance de ces discours par l’établissement l’engagent dans une certaine mesure à produire , à son tour, un discours en réponse aux usagers voire, mieux, accompagner le discours par l’action afin d’améliorer les services proposées et ainsi se rapprocher des attentes exprimés.

→ Questionner-écouter-agir : un nouveau cercle vertueux

Extension du domaine des horaires d’ouverture (3)

D’abord le contexte et la fréquentation. Puis l’occupation

Enfin la circulation

Il nous reste à mesurer l’activité au bureau d’accueil. Aleph (notre SIGB), ARC 2 (le module stat d’Aleph) et Céline nous fourniront mensuellement les chiffres des emprunts et des retours durant les extensions d’horaire (8h30-9h, 19h-20h et 19h-22h).

Plus tard

Après l’ouverture de la nouvelle BU St Serge, nous procéderons à une enquête qualitative et quantitative sur les usages et les usagers  des horaires élargis pour savoir qui ils sont, quels services ils utilisent ou n’utilisent pas (et pourquoi) et interroger leur perception de cet élargissement.

Affaire à suivre.

Crédit photo : Castalway in Wales